Smellycat, ou ma vie virtuellement réelle... ou l'inverse !

Portrait d'une famille ordinaire - Episode 3

Mon grand-père maternel ; André, Jean-Baptiste H. est lui né en 1921 à Labaroche dans le Haut-Rhin (village voisin de ma grand-mère paternelle).

Il était pour l’époque « un enfant de vieux », sa mère l’ayant eu vers l’âge de 40 ans. J’ai d’ailleurs souvent entendu que celle-ci ne l’aimait pas trop. Il a perdu son père à 17 ans : ce dernier est mort en 3 jours seulement. Je ne m’en rappelle plus les raisons. J’hésite entre une péritonite et l’absorption d’une mauvaise plante… ce qui n’a strictement rien à voir ! Je sais qu’il avait toujours gardé une grande tristesse de cette perte car il aimait beaucoup son père.

Pendant la guerre il fut réquisitionné par le STO ; en tant que citoyen allemand, il aurait dû combattre contre son pays : la France.

Cette idée lui était juste insoutenable. Alors pour tromper l’adversaire, au moment des examens précédant l’incorporation, il a avalé une mie de pain contenant une mine de critérium. Ce stratagème a taché son estomac à la radio, le réformant pour cause d’ulcère.

Il a malgré tout dû partir en Allemagne la vraie… en tant que travailleur. Il était parti pour 6 mois mais y est resté 2 ans. C’est là qu’il a appris son métier de couvreur entre Mannheim et Karlsruhe.

 

Les chiffres que je vais donner maintenant ne sont peut-être pas tous exacts, mais l’idée générale est là :

Je crois que 3 obus ont explosé à côté de lui alors qu’il était sur les toits… à les réparer justement.

Il s’est aussi retrouvé dans la cave d’un immeuble qui venait de s’effondrer. Sur une trentaine de personnes il n’y a eu que 3 survivants. 3 jours plus tard, il est le seul à en être ressorti vivant.

Il a aidé plusieurs prisonniers de guerre à s’échapper.

 
Avec ma grand-mère, ils ont eu 3 enfants.

Il a tant aimé sa femme qu’il a donné son prénom à leur fille : ma mère.

Au cours de sa vie, il a été confronté à plusieurs maladies graves mais était sans doute veillé par un ange gardien super sympa !

Dans les années 60, il a été gravement malade pendant 3 ans. On lui a alors retiré un rein, puis il s’est remis un peu comme par magie.

En 1987, il est touché à l’aorte (remplacée par une toute neuve en plastique). Vraiment pour dire que ça n’était définitivement toujours pas son heure et malgré toutes les souffrances déjà endurées, un soir d’été à l’hôpital, il fait lourd, sa fenêtre est ouverte, il est couché et la foudre s’abat sur la chaise située au bout de son lit !!!

Nouveau miracle car il ne touchait aucun montant en fer de son lit à ce moment-là !!!

 

Sa hantise était de mourir du cancer. C’est un lymphome qui l’a emporté en 1995.

Presque 13 ans plus tard je le vois toujours faire sa sieste sur le canapé (devant « les Feux de l’Amour ». Ce qui fait peur, c’est que ça existe toujours, et qu’on arrive toujours à suivre après toutes ces années…) et couper son lard en guise de dessert. J’entends toujours sa respiration un peu difficile et dire après le repas en été, en se poussant un peu « Je vais aller fourrager mes bêtes moi ».

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